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09/07/2026 (Modifié le 10 juil. 2026 à 17:00:32)

Retour sur le colloque : Indépendance économique : pourquoi les femmes doivent-elles (encore) se battre ?

Femmes : mariage, enfant, séparation, retraite. A chaque étape, votre indépendance financière se joue

Une femme perd en moyenne 22 % de son niveau de vie l'année qui suit une séparation. Un homme, 3 %. Cet écart ne tombe pas du ciel : il se construit, décision après décision, souvent sans qu'on s'en aperçoive. Un contrat de mariage signé sans conseil, un temps partiel « provisoire », un achat immobilier mal réparti.

Réunies le 25 juin à la Maison du barreau de Paris par l'Institut du Leadership au Féminin, juristes, notaires, régulatrices et chercheuses ont décrypté ces mécanismes, et plus important encore, les moyens de s'en protéger.

 

Les chiffres à retenir

  • À la retraite, les femmes touchent une pension inférieure de 38 % à celle des hommes.
  • Après une séparation : - 22 % de niveau de vie pour elles, - 3 % pour eux.
  • Dans les 5 ans qui suivent une naissance, les mères perdent 25 % de leurs revenus.
  • À poste strictement équivalent, l'écart de salaire est encore de 4 %.

 

Là où tout se décide

  1. Avant de vous engager : se marier sans contrat, c'est choisir un régime matrimonial sans le savoir de la communauté réduite aux acquêts. Se pacser ou vivre en union libre, c'est parfois n'avoir aucune protection en cas de séparation, même après vingt ans de vie commune. Aucune option n'est mauvaise en soi, à condition de la choisir en connaissance de cause.
  2. À l'achat du logement : vous apportez 70 % du prix, mais l'acte mentionne une acquisition à 50 / 50 ? En cas de séparation, c'est le papier qui compte, pas les virements. Faire tracer les apports de chacun est une précaution simple, rarement prise.
  3. À l'arrivée d'un enfant : le congé parental, le temps partiel, le poste refusé « le temps que les enfants grandissent » : autant de décisions prises à deux, dont le coût est presque toujours porté par une seule personne, la mère. Le calcul honnête se fait avant, en incluant la retraite.
  4. Au moment de la séparation : la prestation compensatoire existe précisément pour corriger le déséquilibre créé pendant le mariage. Encore faut-il pouvoir le démontrer : bulletins de salaire d'avant, refus de mobilité, années à temps partiel. Conservez ces traces devient précieux.
  5. Face à la violence : la dépendance financière est l'un des premiers verrous qui empêchent de partir. Les intervenantes du colloque l'ont rappelé : reprendre la main sur les comptes, les procurations et les dettes communes fait partie de la protection, au même titre que les mesures d'éloignement. ==> Consultations gratuites avec des avocats bénévoles pour les victimes de violence

 

Le droit protège

Une image contenant Visage humain, habits, personne, microphone

Description générée automatiquement « Pour améliorer la place des femmes dans les lieux de décision économique, le droit est un puissant levier de transformation », a souligné Carine Denoit-Benteux, vice-bâtonnière du barreau de Paris, en ouverture du colloque. Mais un levier ne fonctionne que si on l'actionne : la plupart des protections juridiques (contrat de mariage, prestation compensatoire, clauses de partage) produisent leurs effets des années après avoir été, ou non, mises en place.

 

 

 

 

Ce qui a changé au 1er juillet 2026

Le congé supplémentaire de naissance est entré en vigueur le 1er juillet.

 

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il octroie 1 à 2 mois de congé indemnisé à chaque parent, qui s’ajoutent aux congés existants (maternité, paternité et accueil de l’enfant, adoption). Il vient les compléter pour offrir davantage de temps aux familles pendant les premiers mois de vie de l'enfant.

Les parents peuvent le prendre en même temps ou en alternance, et le fractionner s’ils le souhaitent en 2 périodes d’1 mois. Il s'agit d'un droit individuel et personnel, non transférable d'un parent à l'autre. Chaque parent dispose de son propre droit.

 

Le congé supplémentaire de naissance doit être pris dans un délai maximal de 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant dans le foyer. Et il ne peut démarrer qu'après expiration des congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption auxquels le parent a droit.

 

Source : Service-public.gouv.fr

 

 

Besoin d'un conseil ?

Le barreau de Paris propose des consultations gratuites avec un avocat ==> Consultations gratuites avec des avocats bénévoles

Replay du colloque

 

Cet article s'appuie sur les travaux du colloque « Indépendance économique » de l'Institut du Leadership au Féminin (Maison du barreau, 25 juin 2026), avec Marie-Anne Barbat-Layani (haute fonctionnaire, présidente de l’Autorité des Marchés Financiers), Sophie Thibert-Belaman (présidente de la Chambre des notaires de Paris), Charlotte Jacquemot (chercheuse à l'ENS, lauréate du Prix de la délégation aux droits des femmes du Sénat), Sandrine Sarroche (humoriste), Clémence Amara-Bettati (membre du Conseil de l’Ordre, co-Secrétaire de l’Institut du Leadership au Féminin et présidente de l’association Femmes et Droit) et Sabrina Kemel (membre du conseil de l'Ordre du barreau de Paris, co-Secrétaire de l’Institut du Leadership au Féminin et modératrice).

Femmes : mariage, enfant, séparation, retraite. A chaque étape, votre indépendance financière se joue

Une femme perd en moyenne 22 % de son niveau de vie l'année qui suit une séparation. Un homme, 3 %. Cet écart ne tombe pas du ciel : il se construit, décision après décision, souvent sans qu'on s'en aperçoive. Un contrat de mariage signé sans conseil, un temps partiel « provisoire », un achat immobilier mal réparti.

Réunies le 25 juin à la Maison du barreau de Paris par l'Institut du Leadership au Féminin, juristes, notaires, régulatrices et chercheuses ont décrypté ces mécanismes, et plus important encore, les moyens de s'en protéger.

 

Les chiffres à retenir

  • À la retraite, les femmes touchent une pension inférieure de 38 % à celle des hommes.
  • Après une séparation : - 22 % de niveau de vie pour elles, - 3 % pour eux.
  • Dans les 5 ans qui suivent une naissance, les mères perdent 25 % de leurs revenus.
  • À poste strictement équivalent, l'écart de salaire est encore de 4 %.

 

Là où tout se décide

  1. Avant de vous engager : se marier sans contrat, c'est choisir un régime matrimonial sans le savoir de la communauté réduite aux acquêts. Se pacser ou vivre en union libre, c'est parfois n'avoir aucune protection en cas de séparation, même après vingt ans de vie commune. Aucune option n'est mauvaise en soi, à condition de la choisir en connaissance de cause.
  2. À l'achat du logement : vous apportez 70 % du prix, mais l'acte mentionne une acquisition à 50 / 50 ? En cas de séparation, c'est le papier qui compte, pas les virements. Faire tracer les apports de chacun est une précaution simple, rarement prise.
  3. À l'arrivée d'un enfant : le congé parental, le temps partiel, le poste refusé « le temps que les enfants grandissent » : autant de décisions prises à deux, dont le coût est presque toujours porté par une seule personne, la mère. Le calcul honnête se fait avant, en incluant la retraite.
  4. Au moment de la séparation : la prestation compensatoire existe précisément pour corriger le déséquilibre créé pendant le mariage. Encore faut-il pouvoir le démontrer : bulletins de salaire d'avant, refus de mobilité, années à temps partiel. Conservez ces traces devient précieux.
  5. Face à la violence : la dépendance financière est l'un des premiers verrous qui empêchent de partir. Les intervenantes du colloque l'ont rappelé : reprendre la main sur les comptes, les procurations et les dettes communes fait partie de la protection, au même titre que les mesures d'éloignement. ==> Consultations gratuites avec des avocats bénévoles pour les victimes de violence

 

Le droit protège

Une image contenant Visage humain, habits, personne, microphone

Description générée automatiquement « Pour améliorer la place des femmes dans les lieux de décision économique, le droit est un puissant levier de transformation », a souligné Carine Denoit-Benteux, vice-bâtonnière du barreau de Paris, en ouverture du colloque. Mais un levier ne fonctionne que si on l'actionne : la plupart des protections juridiques (contrat de mariage, prestation compensatoire, clauses de partage) produisent leurs effets des années après avoir été, ou non, mises en place.

 

 

 

 

Ce qui a changé au 1er juillet 2026

Le congé supplémentaire de naissance est entré en vigueur le 1er juillet.

 

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il octroie 1 à 2 mois de congé indemnisé à chaque parent, qui s’ajoutent aux congés existants (maternité, paternité et accueil de l’enfant, adoption). Il vient les compléter pour offrir davantage de temps aux familles pendant les premiers mois de vie de l'enfant.

Les parents peuvent le prendre en même temps ou en alternance, et le fractionner s’ils le souhaitent en 2 périodes d’1 mois. Il s'agit d'un droit individuel et personnel, non transférable d'un parent à l'autre. Chaque parent dispose de son propre droit.

 

Le congé supplémentaire de naissance doit être pris dans un délai maximal de 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant dans le foyer. Et il ne peut démarrer qu'après expiration des congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption auxquels le parent a droit.

 

Source : Service-public.gouv.fr

 

 

Besoin d'un conseil ?

Le barreau de Paris propose des consultations gratuites avec un avocat ==> Consultations gratuites avec des avocats bénévoles

Replay du colloque

 

Cet article s'appuie sur les travaux du colloque « Indépendance économique » de l'Institut du Leadership au Féminin (Maison du barreau, 25 juin 2026), avec Marie-Anne Barbat-Layani (haute fonctionnaire, présidente de l’Autorité des Marchés Financiers), Sophie Thibert-Belaman (présidente de la Chambre des notaires de Paris), Charlotte Jacquemot (chercheuse à l'ENS, lauréate du Prix de la délégation aux droits des femmes du Sénat), Sandrine Sarroche (humoriste), Clémence Amara-Bettati (membre du Conseil de l’Ordre, co-Secrétaire de l’Institut du Leadership au Féminin et présidente de l’association Femmes et Droit) et Sabrina Kemel (membre du conseil de l'Ordre du barreau de Paris, co-Secrétaire de l’Institut du Leadership au Féminin et modératrice).